mercredi 23 décembre 2009

J'ai envie d'être un héros!


Moi aussi, j'ai envie de combattre des organisations criminelles! J'ai envie de chevaucher une moto sur-puissante et de pouvoir tirer sur mes poursuivants! J'ai envie d'être absolument charmant, détendu et amusant dans les situations les plus périlleuses! J'ai envie de passer des vacances dont personne ne veut, loin de tout et ne comptant que sur moi-même, de déjouer avec intelligence les pièges tendus par mes adversaires, de draguer la plus belle fille du monde sans m'attacher une seconde à elle, de manier toutes sortes d'armes et de m'en servir impunément sans jamais commettre une bavure!

Branleur

Mon aversion pour la sociologie, science stupide entre toutes, ne peut que s'enfler à la lecture d'un article signé Michel Maffesoli, dans le Figaro du 21/12, à la page débats.

Selon ce monsieur, il n'est pas vraiment opportun de se demander pourquoi vit-on ensemble "à partir d'une notion, l'identité, élaborée pour se protéger du métissage." Ca démarre bien puisque ce débat, ultra-français, n'a jamais existé, il est vrai, comme Renan, qui n'existait pas. Bonjour la culture, sociologue!

"Tout cela est le propre de la jactance du conformisme ambiant." à savoir la désignation du danger que court la nation et même l'identité face à la montée des communautés.

"Ce fut la grandeur de l'organisation sociale dans les sociétés modernes que de réduire toute chose à l'unité." Je vois là, le prisme réducteur de cette science vide; on dit "organisation sociale", triste terme tirant la couverture à la sociologie alors que c'est sûrement l'économie qui a égalisé dramatiquement les modes de vie dans le monde contemporain plus que l'unité politique qui elle, reste un idéal.

"On observe une saturation de cet idéal (sic) unitaire." fait-il remarquer. "Réaffirmation de la différence, localismes divers, spécificités langagières et idéologiques (ah bon? La France était un désert idéologique avec ses partis?)... Tout est bon pour accentuer des formes de vie... Les corps se tatouent et se percent (le domaine d'excellence de la sociologie, me semble t-il). Les chevelures se hérissent ou se couvrent de foulards, de kippas..."

Le plus beau morceau, mêlant esthétisme, religiosité et charlatanerie: "dans la grisaille quotidienne, l'existence s'empourpre de couleurs nouvelles, traduisant ainsi la féconde multiplicité des enfants de dieux." Joyeuse confusion mentale du sociologue pour qui un tatouage est un élement religieux et un foulard un accessoire indispensable!

"Après tout, pourquoi ne pas envisager que la "chose publique" (res publica) s'organise à partir de l'ajustement, a posteriori, de ces tribus électives?" Mais, oui, quelle bonne idée! Il est nécessaire, a posteriori (histoire de faire culturé, moi aussi), de définir l'Etat à partir des désirs les plus divers des citoyens! Mais bien entendu, la démocratie, c'est à chier, c'est dépassé! Les Suisses ont tort quand ils votent en majorité! C'est la minorité qui a raison! Pardon, toutes les minorités! Toutes; tous leur désideratas (encore de la culture, permettez) doivent être pris en compte, recherchés, compris, assouvis en totalité. Recherchons la "mélodie sociale" comme dit ce sympathique imbécile, libérons cette société car c'est sûr, elle n'est pas assez libérée...

"Le centre de l'union peut se vivre dans la reliance, a posteriori, de valeurs opposées." La reliance, voyez-vous: raffarinons-nous parbleu! communiquons plus dans le manque de communication! et a posteriori surtout!

En gros, un sociologue, ça sert à inventer des mots à la con (on lit "viridité" plus loin) et à jouer, avec un air de j'm'en-foutisme avec des notions confuses. Ainsi, nous éviterions le "provincialisme qui guette notre pays" si seulement nous savions penser "la viridité d'un idéal communautaire." Viridité, c'est pas le truc qui veut dire branleur?

dimanche 20 décembre 2009

L'histoire n'est pas neutre

Il n'y a pas d'enseignement de l'histoire absolument neutre. C'est un leurre. Allons-nous enseigner par exemple que la démocratie est un régime égal aux autres, égal à l'autocratie et que vivre en France ou en Chine relève du choix de chacun? Allons-nous enseigner que la France est un pays comme les autres, ni plus ni moins, que sa juste place a été exagérée, que sa république n'est pas plus intéressante que la dernière-née? L'histoire livresque est le produit de l'histoire nationale. Il est nécessaire de transmettre, dans notre pays, l'amour de la démocratie, de la république, de la patrie puisque ces notions et ces réalités recouvrent des siècles d'histoire.

vendredi 18 décembre 2009

Le Monde est petit





Je continue avec ce dossier du Monde de l'éducation. Je suis stupéfait par les approximations et atermoiements d'historiens venus s'exprimer sur l'identité française, qui moi, ne me choque pas et le "roman national."


"Depuis toujours, la France est une terre d'immigration, de mixité." "Les trois peuples qui la fondent, les Gaulois, les Francs et les Romains, sont des envahisseurs." Philippe Joutard.


C'est faux. On veut égaliser le sort de Gaulois libres jusqu'au Ier siècle av. JC avec celui des immigrés récents. C'est une pensée totalement artificielle. Ni les Gaulois, ni les Francs ou les Romains n'étaient des "immigrés". Les Gaulois étaient d'anciens nomades celtes, restés libres jusqu'à l'invasion romaine; vers quel pays, quelle entité ont-ils émigré? Les Romains étaient des envahisseurs, ils n'ont pas émigré: ils ont façonné, de loin, une nouvelle culture parmi les celto-gaulois. Seuls les Francs peuvent prétendre au titre d'immigrés puisqu'ils voulaient d'abord entrer dans l'Empire romain mais ils se sont rapidement comportés en envahisseurs. Pour cet historien qui pourtant travaille à la Cité de l'immigration (j'abrège le vrai titre), invasion est curieusement similaire à immigration.


"Pour créer des citoyens qui se sentent partie prenante de leur époque, pour susciter leur adhésion à la nation, il faudrait, au moins dans l'enseignement primaire, intégrer des personnages célèbres, des figures auxquelles les jeunes pourraient s'identifier: Toussaint Louverture, Louis Delgrès..." François Durpaire.


Quelle bassesse... Il s'agit bien entendu, ici, des petits Noirs, Arabes à qui il faudrait carrément un enseignement spécial. Toujours le primat de la vue, soit dit en passant, du sens sur l'intellect, l'apprentissage, en quelque sorte. Je ne me suis jamais identifié à aucun personnage de l'histoire de France que j'aimais et j'aime profondément. A l'inverse, c'est très réducteur de proposer à des enfants de s'identifier à des personnages historiques dont le seul intérêt résiderait dans la couleur de peau ou l'origine ethnique.


Dès lors, pourquoi ne pas s'inventer un mythe? Oui, la France est un mythe, oui, la France est une fiction; l'article dénonçant la constitution du "mythe national" par la Troisième République et glosant sur la fin du mythe dans les années 60 comme si ces gens de la Troisième avaient été des affabulateurs abusifs ("Quand l'histoire raconte des histoires.") Or, il n'est pas choquant, je trouve, de raconter à un petit Noir vivant en France que ses ancêtres ont été les Gaulois, les Romains puis les Francs. C'est une continuité culturelle qu'il faut raconter, celle de l'histoire de France, de ses rois centralisateurs, du droit du sol promu par ces mêmes rois (donc, ça ne date pas d'hier). Les Grecs se reconnaissaient dans Homère qui est une fable. Notre fable est "réelle" dans le sens où elle est symboliquement constructive, dans le sens où elle propose une civilisation à intégrer sans quoi il n'y a plus que des communautés revendicatives. Oui, la France est une construction permanente, une construction culturelle, historique, artificielle. Il n'y a rien de "naturel" dans l'histoire de la France, rien ne s'est fait naturellement. Le "pré carré", c'est une fable. Versailles, Vaux-le-Vicomte, les jardins de Villandry, c'est la culture de l'homme qui en est l'auteur et non pas la nature. Est-ce une fable de transmettre l'amour de la patrie?
C'est une supercherie et un leurre cette soi-disante adéquation entre la "nature" des enfants et l'enseignement qu'ils recevront. L'enseignement n'est pas fait pour eux à proprement parler, il est fait pour les instruire, les civiliser, il est indépendant de leurs prétendus besoins. Enlevez la culture, la fable, il n'y a plus que la barbarie. C'est ce qui nous arrive, de toute façon.

C'est à l'école qu'on apprend



J'ai lu un dossier instructif du Monde de l'éducation à propos de l'Ecole et de la citoyenneté, en général (16 déc.). C'est très instructif quant à la réalité imposée et relayée en l'occurence par le journal, la réalité voulue par un courant vague, mondialisant, universaliste, anti-autoritaire qui habite justement le crâne du "monde de l'éducation".


Où il est avéré que l'enfant ne doit pas apprendre quelque chose qu'il ne sait pas mais être éduqué (à la place des parents; démission?). Avant, on instruisait les enfants, avec une nécessaire distance entre les maîtres et les enfants (on ne disait pas élèves d'ailleurs car "enfant" recoupait "mineur"; maintenant il faut considérer l'enfant comme un adulte), maintenant on fait des classes "vertes" pour tenter de sortir les enfants de leur horrible quotiden scolaire. Ainsi, la directrice d'une école de Bobigny pour qui "le goût de la France, ça s'éduque.", qui intériorise et professionnalise même la culpabilité qu'elle ressent vis-à-vis de ces enfants: ils sont en effet nés parmi "les grands ensembles du XXe siècle."

Aussi, il est bon de les emmener dehors, loin de Bobigny, qui ne présente aucun intérêt. "Lorsqu'une classe part (...), tous ont donné de leur temps et de leur énergie pour que nos élèves (sic) puissent un peu connaître la France avant leur entrée au collège." "Un peu" seulement? L'apprentissage devient tellement improbable, non-mesurable, non-délimitable que si les enfants en connaissent "un peu", sans les livres qu'on n'appelle plus au secours, alors, déjà, ce sera bien. Au diable les règles, les cahiers, les leçons! Ces pauvres petits mal-nés veulent voir du pays!


"En zone d'éducation (sic) prioritaire, il devrait y avoir une priorité (forcément) pour faire connaître et aimer le territoire français. Je suis sûre que c'est beaucoup plus efficace que de chanter La Marseillaise." C'est édifiant. Cette mentalité anti-patriotique, anti-symbolique, anti-scripturale est celle des maîtres d'aujourd'hui (appelés "professeurs des écoles" bien entendu puisqu'on a voulu transplanter l'infériorité du professeur de collège à l'école primaire). Il faut être fou pour oser prétendre qu'un apprentissage soigné et laborieux de repères symboliques, comme La Marseillaise (mais aussi la récitation, la dictée, le calcul) est un gage d'apprentissage tout court et sûrement plus efficace pour l'amour de la France (ne dîtes jamais patrie!) que ces montagnes ou ces cours d'eau vus à la va-vite. Il faut être fou (et surtout réactionnaire) pour affirmer que l'apprentissage et l'écriture, que l'apprentissage et la lecture, ce sont les deux mêmes choses, à chaque fois. On n'apprend rien en voyant une montagne, au sens propre. C'est ce que dit un enfant nommé Raynald, par exemple, devant les Alpes: "C'est beau! On dirait la télé!" sans surprendre plus que ça la directrice. Elle n'est pas déçue, non. Ses "élèves" n'ont rien appris finalement de la nature et ça ne lui crève pas les yeux. Elle fait des photos et les "incite à observer les sommets et les vallées." Une immense pédagogue, on l'aura compris pour qui l'enseignement doit se substituer aux parents, à la ville, à l'histoire, aux promoteurs.
L'article en question étant un témoignage, il n'y a pas de journaliste pour affirmer ou infirmer ce que dit cette personne. Et, montant dans un train avec les enfants, elle croise un bonhomme qui apparemment excédé, lance: "C'est pas bientôt fini, ce bordel!" D'après elle, les enfants sont calmes et "chuchotent gentiment". On sait à quel niveau de tolérance en arrivent certains instituteurs. Elle prend le témoin à partie et lui dit, histoire de faire pédagogue: "Veuillez cesser de tenir des propos inadéquats et vulgaires à ces enfants!" Moi, je me dis que c'est à elle qu'il incombe de tenir sa classe et non pas au monsieur avec un "costume sombre et cravate chic". Où l'on voit que l'autorité est également remplacée par un rapport fusionnel, un rapport de camaraderie fraternel dans lequel le "professeur" pourra distiller toute sa science supra-pédagogique: on n'interpelle pas des enfants, on ne leur fait aucune remarque, voyons!
Ce sont des enfants-rois, des adultes en puissance, vous ne comprenez pas?
On ne me fera pas croire qu'une idéologie ne se cache pas derrière ces petites expériences bonasses. On se demande pourquoi les Français ne sont pas patriotes, haïssent leur pays même si on les y pousse, suivant l'exemple des enfants d'origine étrangère à qui on n'impose plus l'assimilation (Au contraire, il faut prendre exemple sur eux: diversité, minorité, métissage...!). Les Américains sont patriotes et communautaristes en même temps (rien ne dit qu'ils ne vivront pas des sortes de guerres civiles encore). Ca n'est pas notre modèle. L'anti-patriotisme a été voulu, mené sciemment par des "révolutionnaires" soixante-huitards pour abaisser la France (je pense à Cohn-Bendit qui appelle les monarchies arabiques à retirer leurs capitaux de Suisse après le vote sur les minarets; on ne fait pas mieux?) alors que c'est la Révolution, la vraie, qui avait suscité ce patriotisme et c'était les républicains, les vrais, ceux de la Troisième, qui créèrent l'Ecole et entretenirent ce patriotisme qui n'est autre que l'amour de la patrie. La gauche d'aujourd'hui, anti-patriotique, est anti-républicaine, elle prépare la décomposition de la république.
Mais tous ces enfants, qu'on sort une fois de leur quotidien pour pas grand-chose, nous les connaissons déjà aujourd'hui: ce sont les internautes pour qui la langue française est oubliée. Le résultat de cette mentalité, qui en fait, est la justification lamentable d'une perte d'autorité et d'une perte de la capacité à transmettre (il faut "voir," "éduquer"), ce résultat, internet l'a recueilli et l'expose tous les jours: antisémistisme juvénile permanent, orthographe déchiquetée, inculture gravissime généralisée, culte du moi, goût pour l'anonymat.

lundi 7 décembre 2009

Régionales 2010: pas l'envie



Je dois m'inscrire avant la fin de l'année dans ma petite commune si je veux voter (ici) pour les régionales. Je me tâte. La Bourgogne est à gauche (Patriat), je n'ai pas voté ici en 2004. Je suis un con, je ne suis pas stable, c'est ce que me disait ma grand-mère. J'ai voté pour Jean-Paul Huchon en 2004, actuel Président du conseil régional d'Ile-de-France puisque je me trouvais dans cette belle région à l'époque, que j'ai quittée sans regret.

Super: le gars a écopé d'un jugement pour prise illégale d'intérêt (2007, 6 mois avec sursis). Je ne me suis pas, en outre, intéressé au bilan des socialistes aux manettes régionales, je ne connais rien à François Patriat, je le disais donc, je suis un con.


En 2004, je faisais mea culpa par rapport à mon vote de 2002 et j'ai voté socialiste. J'ai voté Chevènement au premier tour, en 2002. Je ne regrette plus ce vote. En 2007, il n'était pas question que je vote Royal (et encore moins Sarkozy) et j'ai donc voté Bayrou, au premier tour et rien, au second. Et je ne regrette pas non plus: je suis un modéré. C'est l'aboutissement de ma pensée politique, si je puis dire. J'ai un héritage de gauche, de par ma mère mais je réagis souvent à droite sur les moeurs, sur l'éducation, l'école, par exemple.


Il y a un problème d'organisation: pourquoi les élections locales, trop nombreuses (il y en trois) ne sont-elles pas regroupées le même jour et de façon à ne pas gêner les élections nationales? Elles pourraient être placées dans la foulée des élections présidentielles et législatives maintenant que celles-ci sont regroupées? Il faudrait bien sûr réduire la longueur du mandat local à cinq ans, une bonne chose. Seul le Sénat, lors du renouvellement triennal, montrerait au gouvernement l'humeur du pays et l'on n'aurait plus ces changements gouvernementaux complètement illogiques après une élection locale (ex: 2004).
Là, il faudrait non seulement que je m'intéresse à Patriat, à Bayrou... Je n'en ai pas envie... A chaque fois que je vote, je ne m'intéresse pas à ce que fait mon candidat. Je suis un con, comme disait Coluche.

dimanche 6 décembre 2009

Et si Rachida Dati s'appelait Nathalie Dati?



Ca fait longtemps que je pense à cette idée et je suis pour une loi qui obligerait les enfants nés en France de parents étrangers à porter un prénom français. Non le nom, je précise, que les parents pourraient transmettre mais le prénom ne devrait être qu'un prénom français, également les autres prénoms. Ce serait une façon d'assimiler ces enfants d'immigrés et de les arrimer dès le départ à la communauté française. C'est d'ailleurs ce qu'on faisait dans le temps: François Cavanna (Italie), Robert Badinter (Pologne), Charles Aznavour (arménien), Roger Karoutchi (juif marocain)...
De plus, ce serait évidemment l'occasion, à l'Etat-civil, de dresser une liste de prénoms français, ce qui ne serait pas facile mais cette liste aurait l'avantage d'écarter également tous les prénoms américanisés (Michaël, Cindy) et les prénoms cons (Michaël, Cindy, Valéry). Rome ne vivait qu'avec quelques prénoms, infiniment répétés (Caius, Lucius, Marcus...). Je suis également pour la disparition des doubles noms et de leur transmission compliquée. Le nom du père doit être transmis à moins qu'il n'ait pas reconnu l'enfant.
La loi jospinienne du 04-03-2002 complique à souhait la transmission nominale (applicable depuis 2005): au choix nom du père, nom de la mère, nom des deux parents accolés, dans un ordre ou dans l'autre... Quelle "révolution" cela représente t-il (mot d'une plaquette officielle)? Il s'agit d'une confusion inutile et barbare qui désolidarise la société un peu plus. Chacun se sent libre de choisir le prénom le plus débile pour son enfant et le père n'est plus respecté en tant que facteur de cohésion sociale, neutre, aveugle. La transmission nominale paternelle a existé pendant des siècles et structurait symboliquement la société. Qui avait t-il de mal à cela? La société patriarcale, ça n'est pas la même chose que la prépondérance masculine au travail ou en politique. Je ne crois pas à la "domination" masculine. Les femmes ont fait leur révolution dans le travail, elles y sont entrées. On veut casser délibérément des repères fondamentaux sans qu'il soit besoin de le faire parce que ces repères sont confondus avec des symptômes de la violence masculine faîte aux femmes, qui eux, sont certainement plus à mettre au compte de données socio-économiques que de repères symboliques. On casse tout! Ce sont des repères qui nous ont été transmis depuis l'Antiquité. Ce n'est pas parce qu'une femme va transmettre son nom qu'elle évitera le viol durant sa vie. Ou ça n'est pas parce-que les hommes politiques disent désormais "Les Françaises et les Français" alors qu'on comprenait les deux sexes dans la simple expression "les Français", eh bien, ça n'est pas ce glissement sirupeux qui change en profondeur les moeurs politiques. On confond des comportements et des idées. Le violeur ne viole pas parce qu'il se sent "protégé" par la société patriarcale; il viole pour des raisons certainement plus terre à terre.
Je déteste ces idéologues et j'en suis scandalisé (Jospin en est un) qui, sous couvert de "changer la société" ou d'établir une société "juste" ou "égalitaire", détruisent des fondements neutres et avantageux. La société qu'on nous prépare reposera sur... la confusion.

Zemmour, sauve-nous!



J'ai trouvé le saint des saints, la perle des perles, le cadeau de Noël: un blogue entièrement consacré à Eric Zemmour intitulé "Eric Zemmour: le blog de ceux qui l'aiment." Blogue actif dans lequel la zemmour-mania et la zemmour-attitude battent leur plein, contrecarrées cependant par un escadron d'anti-zemmouriens tout aussi zélés. Je tire deux enseignements:


-Il ne faut pas grand-chose pour réveiller le débat politique en France et entre Français et non pas seulement un débat convenu et gnan-gnan à la télé. C'est le mérite d'Eric Zemmour que d'élargir le débat, au sens propre et d'en vouloir à ceux, nombreux et omnipotents qui, sans cesse, interdisent de prononcer des mots, de réveiller des notions au risque de réduire les possibilités de débat. Nous sommes effectivement entrés depuis un certain temps, avec les lois "mémorielles" dans une nouvelle société de tabous (la loi Gayssot en fait partie), où certains mots ne sont pas prononçables et où, à vrai dire, chaque communauté particulière (Juifs, homos, Noirs, Arabes, femmes) tend à imposer l'interdiction de sa discrimination. Dans le fond, c'est une restriction de la liberté d'expression et j'en viens à penser, que ces lois ou ces projets sont mauvais pour la "communauté nationale", qui comme le rappelle justement Zemmour, est la seule qui vaille, la seule qui existe vraiment. Il est bon de reconnaître qu'il y a des lobies qui n'ont pas en vue l'intérêt général. Puis on en vient finalement à confondre l'acte et la parole: la parole est criminalisée, comme l'acte. Or, un acte antisémite ou xénophobe est répréhensible, une parole antisémite ou xénophobe, ça n'a pas le même sens (et d'ailleurs, il faudrait dans ce cas fermer quasiment tous les collèges). Zemmour a le mérite de libérer la parole ou de reconnaître qu'elle n'est pas encasernable.


-Ce qui réveille les passions françaises, c'est le débat politique animé! Non pas faussement animé, avec des professionnels politiques de la joute lors de soirées électorales mais animé d'un débat, d'idées, de panache! Ce peuple souffre d'un déni de démocratie, de la mondialisation et de l'aplatissement des idées! On l'a quand même privé des conséquences d'un certain vote de 2005, ce peuple... Et là-dessus, c'est au flair de Laurent Ruquier à qui je rendrais hommage puisqu'il a toujours aimé provoquer la contradiction d'abord (Miller/Bénichou) et d'autre part, il est assez large d'esprit pour tolérer un esprit aussi anti-conformiste que celui de Zemmour et renouveler la critique en France, renouveler par là-même l'esprit de la télévision publique, un certain esprit généraliste mais qui ne se confond pas avec l'endormissement des masses (voir Droit de réponse).
Il y a un moment de télevision qui illustre particulièrement cet esprit et cette nouveauté et que j'aime particulièrement, c'est lorsque Michaël Youn fut invité par Ruquier."Vous ne pouvez pas penser que la télévision ne doit être qu'un robinet à promotion. Les téléspectateurs préfèrent la sincérité (...) Il n'y aurait pas eu bagarre si vous aviez accepté la critique. Nous faisons partie des magazines de la chaîne, nous ne faisons pas, comme vous, que du divertissement. On fait aussi de l'info, on fait aussi de la culture. On essaie d'y mettre un peu de tout." dit Ruquier à son invité, critiqué par Zemmour et Naulleau et qui le prend très mal. Youn ne semble d'ailleurs pas comprendre ce que vient de lui dire Ruquier puisqu'il se range apparemment à son avis en disant: "Ce sont vos collègues de travail, c'est normal de les défendre." - "La seule forme de critique qui est tolérée maintenant, c'est la promotion." avait dit Naulleau. "C'est vrai qu'on n'est pas des professionnels de la bonne humeur pour enfants de quatre ans!" concluait Zemmour et hop, le Youn, il s'en va finalement, il est pas content, il est: ballonné. Emission ONPC d'octobre 2007.

jeudi 3 décembre 2009

L'internet du pauvre

Qu'on le veuille ou non, nous nous acheminons vers une société plus inégalitaire qu'avant. Ca se voit parfaitement sur internet qui est envahi littéralement par les "pauvres", je dirais. Quand on est riche, on n'a pas besoin d'un site de rencontres. On peut faire des sorties, se créer des occasions de rencontre. Le pauvre, lui a besoin d'internet. Et c'est pour ça que je rencontre sa "pauvreté" sur des sites que j'ai moi-même fréquenté (Ronde&Jolie, Netclub): pauvreté intellectuelle, pauvreté du vocabulaire, de l'orthographe... Les profs, les gens cultivés, intelligents ne vont pas sur des sites de rencontres, croyez-le ou ils y vont moins que les autres.

Pareil avec Youtube et ses dizaines de réactions épidermiques, truffées de fautes d'orthographe, d'expressions haineuses ("sale juif")... Pas de débat sensé mais l'expression verbale violente de la peine de vivre d'aujourd'hui, du désespoir social.

C'est aujourd'hui que je me rends compte que je suis un littéraire alors que ça ne comptait pas trop pour moi, à l'époque où j'ai eu mon bac! On a fait exploser l'exigence intellectuelle, culturelle qui régnait sur l'Education nationale et sur la France, en partie. Il n'était pas bon de ne pas savoir écrire, dans la tradition républicaine. Cette honte a disparu et c'est un grand dommage. L'utilisation de la langue est liée à l'intelligence. On a fait sauter l'orthographe. Les crétins et les sauvageots maintenant nous envahissent. Qui va manier l'orthographe désormais, qui va détenir la culture à part quelques clercs, comme au Moyen-âge?

De même que Sarkozy a voulu débarrasser la droite d'un carcan moral qui lui pesait (et pour quel résultat! Frédéric Mitterrand), les cancres ont fini par obtenir satisfaction et par ministres interposés, ont fait sauter l'exigence morale et intellectuelle qui planait sur l'instruction. Je fais le rapprochement car la société que nous propose N. Sarkozy est assez proche, dans son esprit, de la société américaine (que je connais un peu): une société de crétins endormis et satisfaits, une société parfaitement "démocratique", aseptisée et d'où le principe aristocratique, le principe de la sélection des meilleurs que seule l'Ecole réussissait en France, serait exclu. Aux Etats-Unis, les meilleurs, ce sont les capitalistes, ceux qui aiment gagner de l'argent, point. Mais il se trompe, du reste car la classe moyenne américaine est en voie de grande paupérisation.