Première remarque d'importance: pourquoi le féminisme ne serait-il pas un mouvement des femmes plutôt qu'un mouvement purement intellectuel animé par des gratte-papiers et des militantes fastidieuses? Bien sûr, il faudrait alors quatre cents pages pour évoquer cette histoire élargie, avec des personnages féminins qui ont réellement agi sur l'histoire et dont curieusement il n'est pas fait mention (Marie-Antoinette, Ch. Corday, Joséphine de Beauharnais, l'impératrice Eugénie...). Cette première remarque suffit à montrer que Madame Riot-Sarcey est une féministe avant que d'être une historienne. Et comme toute bonne féministe, elle ne fait de l'histoire que par le petit bout de la lorgnette: elle devrait, en toute bonne logique, trouver des femmes qui ont compté dans l'histoire mais comme le féminisme dit que les femmes n'ont jamais compté et que c'est ça qui est vraiment intolérable, alors, il faut uniquement tabler sur une histoire générationnelle de gratte-papiers, perpétuellement en ébullition, qui se passèrent des mots d'ordre, jamais entendus par ces diables d'hommes. J'ajouterais que le mouvement contestataire appelé féminisme, qu'on peut éventuellement faire remonter jusqu'à la Révolution, n'a eu aucune influence sur le gros de la société française, majoritairement rurale jusque dans les années 1930. Le vrai titre du livre est "Histoire du féminisme du seul point de vue d'une féministe contemporaine".
Il va de soi qu'une telle histoire du féminisme est très réductrice et passablement ennuyante à la longue (liste de noms en fin de chapitre); mais peut-être ceci est-il en rapport avec la qualité de Madame Riot-Sarcey, universitaire à Saint-Denis (brr, quand je pense qu'elle fréquente Gérard Miller). Dénuée de talent littéraire, Madame, vous alignez les mots comme des sorties d'ordinateur. Par exemple: "trois périodes d'apprentissage de la citoyenneté... forment la genèse d'une exclusion, insuffisamment explicitée dans la législation mais largement rationalisée par un système de règles qui s'imposent aux représentations..." genèse... rationalisée... représentations... Ouh, n'en jetez plus! Pourquoi Mon Dieu, tant de platitude et de froideur! Voyez, c'est pour ça que je ne crois pas au progrès et que je ne crois en rien d'ailleurs: vous êtes devenue femme professeur d'université en pensant que c'était dû au progrès et certainement au combat de femmes antérieures et l'histoire se venge sur vous, pourtant. Votre livre est froid, il n'est pas de vous, il aurait pu être écrit par un collectif assisté d'un ordinateur! Enfin, bref...
La femme auteur. A suivre





