mercredi 29 février 2012
Un pays indépendant: l'Argentine (2)
Autre phrase-régal à se répéter: "Les sorties de crise se font en dehors des chemins tracés par le FMI." Or, dans un autre article en ligne du même quotidien, le 30 janvier, par Maria Malagardis, à propos de la Grèce, je lis "les maux sont connus et une grande partie de la population accepte la nécessité des réformes sctructurelles exigées par "Merkozy"..." ce qui m'étonnerait fort. D'ailleurs, l'article (et d'autres encore) est ponctué de réactions de Grecs allant toutes dans le même sens: anti-libéral, anti-européen et anti-FMI. Libération serait-il schizophrène? On dirait qu'à la base, le journal recueille des témoignages crus, véridiques, parlants mais qu'en hauteur, son analyse n'est motivée que par l'idéologie ultra-libérale ou libérale-libertaire à la July. Que ne dénonce t-il directement le énième plan d'enfonçage de la Grèce dans la merde?
Au contraire, il faut voir comment est monté un article du 13 février relatant le vote du parlement grec du plan FMI-UE: sans adjectifs qualificatifs, c'est néanmoins un article purement pro-FMI, avec, au commencement, une Commission européenne saluant "une avancée cruciale" puis un Olli Rehn, commissaire aux affaires économiques et accessoirement un des plus grands fils de pute de ces dernières décades, dont les propos sont largement étalés, qui se mêle de commenter l'actualité grecque sans vergogne, et termine l'article en dénonçant les manifestants.
Que ne dénonçait Libération, en son temps, la projection automatique de l'ex-futur libidineux à la tête de notre pays, essentiellement juif et accessoirement directeur du FMI? Que ne dénonce t-il maintenant une très peu française d'esprit dame bagousée, placée à la tête de cette institution comme si ça allait de soi?
Revenons à Lavagna... "Cette institution propose toujours le même type de contrat d'ajustement fiscal qui consiste à diminuer l'argent qu'on donne aux gens - les salaires, les pensions, les aides publiques, mais également les grands travaux publics qui génèrent de l'emploi - pour consacrer l'argent économisé à payer les créanciers. C'est absurde." Là, on atteint quand même la limite de l'incorrection, pour un politique: oser penser logiquement, oser même pointer du doigt les créanciers, pas virtuellement mais en dégageant bien le mal qu'ils font de manière absolument gratuite, pour se faire rembourser indéfiniment, ça, c'est pas correct, pour un homme politique.
"Le FMI s'est transformé en une institution chargée de protéger les seuls intérêts financiers."
"Ce sont les mêmes éternelles erreurs. C'est le secteur financier qui impose sa manière de voir les choses au monde entier." Le journaliste se rend-il compte qu'il avait avec lui, un opposant au FMI, au NOM, un opposant à Sarkozy-Hollande, un opposant à l'UMPS et à Libération-Rothschild?
"La première chose qu'on a faite, nous, c'est de rallonger les échéances pour les propriétaires endettés. Les fonctionnaires du FMI nous ont alors dit que nous violions les règles essentielles du capitalisme!"
"Vous devez avoir beaucoup d'ennemis chez les banquiers..." demande le journaliste.
"Ils me détestent!" - "Ce qui ne les a pas empêché de frapper à notre porte pour nous prêter de l'argent 48 heures exactement après que nous avons (ayons, patate) terminé la restructuration de notre dette en 2005!" - "Or j'ai refusé ces offres intéressées en leur répondant que nous ne reviendrons pas sur le marché financier avant 2014 car nous n'en avons plus besoin." Un pays indépendant en 2012, putain, ça existe!
" Le problème c'est que ce sont les banquiers eux-mêmes qui estiment qu'il est positif pour l'image d'un pays d'emprunter à l'international." - " Il est clair que si je vendais des tomates, je trouverai très bien qu'on en mange! Eux ils vendent de l'argent." Roberto Lavagna ne va pas jusqu'à identifier la mentalité de ces vendeurs d'argent mais on y est presque...
Scène de rue en Grèce, place du parlement. Au fond, le mont Lycabette.
mardi 28 février 2012
Un pays indépendant: l'Argentine
J'ai lu, sur internet, l'interview très intéressante de l'ex-ministre de l'Economie argentin, Roberto Lavagna. Le plus curieux est l'intervieweur: Liberation.fr (Gérard Thomas, à Buenos Aires).
Il y a dans cet article, plusieurs passages qui sont proprement révolutionnaires et qui me semble, ne s'accordent pas avec la ligne très hollando-molle et caviaro-correcte du journal.
"L'ancien ministre de l'Economie argentin Roberto Lavagna, 69 ans, est le principal artisan du redressement de l'Argentine engluée dans une terrible crise économique il y a dix ans." Il prit ses fonctions en avril 2002 à une époque où l'Argentine ressemblait à la Grèce actuelle, c'est-à-dire totalement étouffée et tabassée par le FMI. Dommage que l'article n'en dise pas plus sur Lavagna, du reste.
"Cet ancien ambassadeur auprès de l'Union européenne décide immédiatement de se passer de « l'aide» du Fonds monétaire international (FMI) et des marchés financiers."
Première chose: l'indépendance monétaire. "L'Argentine avait établi une parité fixe entre le peso et le dollar, la Grèce est ficelée à l'euro, perdant ainsi le contrôle de sa monnaie." Suivez mon regard...
"Un taux de change fixe associant des pays à forte productivité et d'autres dont la compétitivité est beaucoup plus faible ne peut qu'engendrer une crise." Soit exactement la situation européenne actuelle, confuse, entre l'Allemagne compétitive, les nouveaux pays de l'Est vandaliseurs de capitaux (pays baltes, ancienne Tchécoslovaquie, Slovénie) et des pays moins industrialisés (Espagne, Grèce, Irlande) ou en perte de vitesse industrielle (Italie, France).
Roberto Lavagna s'en va à Washington pour commencer des discussions avec ces messieurs du FMI. "Depuis le début du marasme économique, en 1998, nous avions déjà eu deux programmes du Fonds pour un total de 51 milliards d'euros. Les deux ont été des échecs retentissants..." - "j'ai expliqué au Fonds que nous ne voulions plus de prêt et que nous sortirions seuls de la crise." - "Cette position était tout simplement impensable pour le FMI car nous affichions notre volonté de fixer nous même notre propre politique économique."
Je relis cette phrase avec délectation, une des deux trois qui détonnent dans cette interview. " J'ai du leur expliquer trois fois de suite ma position avant qu'ils finissent par comprendre." Ils comprennent finalement, c'est la grande leçon! Ils n'ont pas l'air humains comme ça mais ils finissent par comprendre.
"A partir de là nous avons arrêté de soutenir financièrement les banques alors que le FMI nous l'imposait, exigeant même que nous privatisions la Banque de la Nation." Lavagna emploie un langage assez poli mais on se doute que tout ne s'est pas passé cordialement ou aussi vite. Le langage de Lavagna traduit une volonté nouvelle (dont les soutiens ne sont pas cités) mais on voit bien, de l'autre côté que le FMI ne discute pas ou n'aide pas: il impose la crise pour devenir indispensable.
A suivre...
samedi 25 février 2012
Humour champêtre...
Un petit malin, dans ma commune a apposé deux affiches bricolées à côté de celle, officielle, du Front de gauche. Rigolo, non? Alain Poher, hitlérisé avec du feutre, "Un président pour tous les Français"... Il y avait aussi Jean Lecanuet, lui aussi président pour tous les Français. Celle-là a disparu. Bonnet blanc et blanc bonnet, Sarkozy le banquier et Hollande l'initié... ou Hollande la Greluche du NOM et Sarko le crypto-fasciste, obligé du monde militaro-bancaire.
jeudi 23 février 2012
C'est pas trop tôt!
On ne l'attendait plus... Zemmour, qui a pris ses aises et l'habitude de ne pas parler du 11 septembre (On a le droit d'en parler, se contentait-il de dire), du gouvernement Netanyahou-Lieberman et des Palestiniens (les hommes se feront toujours le guerre, disait-il évasiment à ONPC) ou du monde bancaire prédateur de mentalité hébraïque ou abrahamique... cette fois, il a mis les pieds dans le plat. "Ils servent de relai des autorités israëliennes auprès des gouvernements français." Le CRIF n'est donc pas le représentant des "citoyens français de confession juive" mais "parle et agit comme s'il était le porte-parole d'une communauté qui ne l'a pas mandaté pour cela et qui ne le reconnaît nullement comme son porte-voix". Le gouvernement de la République française (y compris Hollande, qu'il est naturel de compter comme un "initié"), a, comme à son habitude défilé au "dîner annuel" du CRIF, au mois de février, qui est le pendant du lobby Apaic américain, dont ils sont sûrement admirateurs, en France!
Zemmour s'en émeut, pour la première fois, alors qu'il intervient dans les médias depuis 2003. Il n'est jamais trop tard pour bien faire... Zemmour risque gros, c'est sûr... est-il capable de surmonter le tabou tribal de sa communauté, basé sur une condamnation systématique à l'anti-sémistisme ou au racisme (Licra, notamment)? Va t-il devenir un "Français israëlite" et non un "israëlite français" comme il l'avait maladroitement mais sincèrement exprimé à la télé?
Osera t-il condamner la mentalité juive, à l'origine de la crise mondiale passée et actuelle, basée exclusivement sur la privatisation des moyens monétaires de l'Etat et le remboursement infini et prévaricateur d'une fausse dette?
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"Tout le monde fait valoir son argent et le tripote de son mieux. Vous vous abusez, cher ange, si vous croyez que c'est le roi Louis-Philippe qui règne, et il ne s'abuse pas là-dessus. Il sait comme nous tous, qu'au-dessus de la Charte, il y la sainte, la vénérée, la solide, l'aimable, la gracieuse, la belle, la noble, la jeune, la toute-puissante pièce de cent sous!"
"Or, mon bel ange, l'argent exige des intérêts, et il est toujours occupé à les percevoir. Dieu des Juifs, tu l'emportes! a dit le grand Racine. Enfin, l'éternelle allégorie du veau d'or!... Du temps de Moïse, on agiotait dans le désert! Nous sommes revenus aux temps bibliques!"
"Le veau d'or a été le premier grand livre connu, reprit-il. Vous vivez par trop, mon Adeline, rue Plumet! Les Egyptiens devaient des emprunts énormes aux Hébreux, et ils ne couraient pas après le peuple de Dieu mais après des capitaux." Célestin Crevel à Mme Hulot, la Cousine Bette, Balzac (1846).
Je me dis que si la littérature française est ponctuée de notations anti-sémites (et sans doute les autres littératures nationales aussi), c'est qu'il doit y avoir une petite raison...
mardi 21 février 2012
Creuser des trous, visser des boulons (3)
Mon frère a ainsi obtenu un sous-bac (STT, je crois), qui lui a permis d'aller à l'université où il n'est pas resté une année, en économie. Comme moi, il a fait de l'intérim et il a pas mal glandé. Il est plombier aujourd'hui. Combien de temps lui a t-il fallu pour sortir de la mentalité EN et approcher les arts manuels? Une dizaine d'années, sans doute, quinze si l'on compte le temps perdu au lycée. Pareil pour une de mes cousines qui a fait des études de biologie au Canada et qui, elle aussi douée manuellement, voulait carrément rempailler des chaises, une fois en France. Elle a changé d'avis depuis. Son frère, qui n'aimait pas l'école a pourtant été amené jusqu'au bac puis a perdu son temps à tenter de faire des études, à La Rochelle, Bordeaux... alors qu'il travaille désormais dans l'aéronautique à Toulouse, depuis qu'il s'est pris en main avec le CNAM.
Le trait commun de notre génération, c'est le temps que nous avons perdu à "trouver notre voie". J'avais un ami qui était avec moi en philosophie à Clermont et nous en sommes partis en même temps d'ailleurs. Il s'est reconverti assez vite, lui: après un compagnonage en menuiserie, il s'est peu à peu mis à son compte pour fabriquer des livres à la main. Tout le monde n'a certes pas l'ouverture d'esprit ou l'instinct qu'il avait, pour passer directement du lycée général au compagnonage! et l'EN n'y aide pas du tout.
Pourtant, la France est bien plus une terre manuelle qu'intellectuelle, les Gaulois eux-mêmes nous avaient précédé dans l'habileté et l'invention (tonneau), dans l'excellence artisanale et manufacturière et la création d'un art de vivre dûment inspiré par le territoire. "Les Gaulois excellent très rapidement dans la production de l'outillage en fer, dans les travaux du bois (charpente, charronnage, tonnellerie), dans l'orfèvrerie..." - "Le travail du métal est la prérogative d'authentiques artisans qui produisent des oeuvres de grande qualité, qu'elles soient en fer, en bronze ou en métal précieux" nous dit Jean-Louis Brunaux. Transposé dans notre monde actuel, cela donnerait le bâtiment, l'automobile, l'armement, le matériel agricole, les ustensiles domestiques (pas de plastique!), la parure... bref à peu près tout ce qui nous environne.
Il faudrait voir quelles sont les entreprises réellement françaises dans cet environnement, s'il y a encore d' "authentiques artisans" et si on les forme... L'ouvrier de chez Peugeot est fordisé, son travail est hyper-sectionné et il n'est pas sûr qu'il connaisse toute la chaîne de construction. Je connais une jolie fille à Tonnerre qui a récemment ouvert un commerce artisanal de poterie; on peut la voir faire à travers la vitrine des tasses, récipients (à distinguer des pseudo-artistes qui pullulent dans le coin, étrangers ou parigots suffisants qui ne créent rien d'utile ni d'agréable, à proprement parler)...
L'art dérive de l'artisanat. C'est là qu'on trouverait les véritables formes d'art d'ailleurs, l' "art" officiel n'étant plus qu'une activité périphérique d'animation, sans savoir-faire.
dimanche 19 février 2012
Creuser des trous, visser des boulons (2)
On a inventé l'intérim, je suppose lorsque les emplois qualifiés ont commencé à chuter puis à disparaître. Dans le même temps se tricotait à l'Education nationale ce puissant mensonge qui a nourri ma génération, notamment: on fera ce qu'on voudra dans la vie, on aura le choix... Oui, oui, d'ailleurs, c'est ce que nos parents nous répétaient: tu feras ce que tu voudras, ça ne me regarde pas. Je ne t'impose rien, surtout. Bon courage, mec!
Les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas sortis de l'auberge non plus. Je voyais récemment une publicité vantant les mérites des études effectuées en Bourgogne. Chouette, plus besoin de partir loin, disait l'affiche, en substance, des centaines de formations sont disponibles en Bourgogne même! Outre le fait que le pauvre mec est paumé face à un marché de la formation expansif, ce choix, à l'orée de la vie adulte, posé comme un avatar de la liberté individuelle, est simplement une couverture destinée à éparpiller le plus grand nombre de jeunes gens dans des formations en réalité dispendieuses, sous-qualifiées ou vite dépassées. La multiplication formatrice va de pair avec la pauvreté intellectuelle des contenus, leur indigence pratique. Moi qui n'y connais presque rien en informatique, j'allais récemment à Avallon dans une maison de l'Image pour me faire expliquer la création d'un site web. On m'a dit, d'accord, on fait ça. On m'a mis un jeune, venu de Dijon. J'ai un bac STT informatique (ou STI, m'en rappelle plus), m'a t-il dit. Alors, vous êtes un pro en informatique, lui ai-je dit? Ouais, ouais, il me répond.
Il était sympathique, courtois sauf que bien vite, je me rendais compte qu'il n'agissait pas, extrêmement passif, et qu'en plus, il y connaissait que dalle, à l'informatique. Sur deux semaines, il ne m'a pas trouvé d'outil de création de site web qui soit efficace et pas trop compliqué, comme demandé. Moi, j'en ai trouvé un (webself, qui s'avère payant au bout d'une semaine, en fait). Il ne m'a pas trouvé la manière d'assembler des images comme dans un panel. J'ai eu envie de lui gueuler dessus mais je me suis finalement énervé sur e-monsite, qui est l'outil le plus compliqué que j'ai jamais vu et qu'on lui avait mis entre les pattes, je suppose. On ne pouvait pas créer de rubriques, ouvrir la fenêtre-exemple pour voir ce qu'on fait, n'avait rien de simple... Le pire, c'est que lui, il me répétait un discours abscons, mi-anglais, mi-français, appris en cours mais qui ne lui servait à rien, visiblement.
Mensonge de l'Education nationale: si vous voulez que vos enfants échappent à l'abrutissement généralisé, vous avez intérêt à les faire bosser, une fois rentré le soir! Et pas en informatique! Mais sur les matières sérieuses: français, maths... Ca n'est pas l'EN qui va les mettre au travail! Tous ces enfants sous-instruits sont pourtant poussés vers les études supérieures (la disqualification des arts manuels en France est scandaleuse) tant que le mensonge sur le niveau tient (sur-notation, apprentissage touristique, absence d'effort). On nous fait donc des sous-intellectuels en nombre qui n'ont en tous cas pas les capacités d'aborder correctement les études supérieures et qui sont dispersés dans des études estampillées universitaires, en réalité études prolétarisées elles aussi. Tous ceux qui ont obtenu l'ancien Deug savent bien que ça n'a servi à rien... A suivre.
vendredi 17 février 2012
Creuser des trous, visser des boulons... (1)
Creuser des trous, visser des boulons... tel semble être mon destin, celui en tous cas d'un mec doué (j'étais bon partout au collège) mais tôt lourdé par l'Education nationale. J'ai eu encore la chance, comme je le dis dans mon profil d'être instruit dans une école républicaine encore valable, parce qu'à la campagne, en Auvergne. La campagne a résisté plus que la ville à la déferlante nouvelle-Pédagogie. Et puis je suis passé à la ville à quatorze ans...
Prétendûment littéraire, qu'ai-je appris de la littérature au lycée? Pas grand-chose honnêtement. Hamlet, un texte de Molière ou deux (le Malade imaginaire probablement), Bel Ami, Tristan et Iseult peut-être... ce sont là quelques débris qui me reviennent en mémoire. Je ne me souviens pas que nous ayons étudié Homère, Virgile ou Corneille. Ni même La Fontaine, Marot ou Hugo. J'ai eu la chance d'apprendre un peu de latin, c'était en quatrième mais l'année d'après, j'étais parti de mon collège de campagne et je n'ai pas retrouvé le latin. En arts plastiques, toujours au lycée, c'était pire: on apprenait strictement rien et ça, je m'en rappelle très bien. J'avais un côté provocant et ça leur suffisait. J'ai eu 13/20 pour une caricature de mon visage que j'avais exécuté rapidement avec des lignes déformées, un gros nez, des cheveux en pagaille...
La philosophie m'avait passionné en terminale. Le prof était passionnant. Mais je ne travaillais pas bien et j'étais sûrement surnoté, comme pour tout le reste. Je suis ensuite parti faire de la philosophie à la faculté de Clermont et, outre le fait que je ne supportais pas l'architecture gigantesque et anonyme des lieux (la faculté des lettres est surnommée "la baleine"), je n'étais absolument pas préparé pour des études supérieures! Mais j'avais eu mon bac, j'avais flippé, j'avais eu peur pour des nèfles sans doute. On me l'avait donné, pile la moyenne. Pas très réconfortant ça, mais bon, je l'avais eu. Je ne peux pas dire que j'avais beaucoup travaillé, dans mon souvenir. Je n'ai jamais pu faire d'études supérieures finalement, la coupure était trop grande entre lycée et faculté. Je ne suis pas le seul. Je suis juste un exemple.
A suivre...
mercredi 15 février 2012
Comprendre l'Empire: réactions insidieuses sur le web (7)
Je continue. Pourquoi se priver?
"(Ils contestent le passage où il est dit que "la Raison bourgeoise commerçante et rationaliste... vainquit le catholicisme) Le fait que la même bourgeoisie, avec Bonaparte au pouvoir, acceptera ou soutiendra le Concordat, et, après les quelques turbulences que furent la constitution civile du clergé et le culte de l’Etre Suprême, et ce pour près d’un siècle de 1801 à 1905, c’est sans doute un accident." C'est un peu mélangé (Bonaparte au pouvoir 1799... la constitution civile du clergé, 1790) mais bon, on a quelque chose de recevable, il semble. D'abord, Bonaparte était un soldat, vous le savez, ça, les enfants? Il n'a pas tellement été aidé par la bourgeoisie et soutenu par elle (le blocus maritime de l'Angleterre, par ex.). Il était le Général victoire et ça plaisait au peuple; et enfin, le pouvoir, il l'a pris, avec ses soldats. Soldat, il a justement fait oeuvre de réconciliation nationale avec l'Eglise catholique (il a rétabli le gallicanisme, la nomination des évêques). Vous comprenez? Le pouvoir et l'église, un retour temporaire de l'Ancien régime qui vous déplaît tant. C'est devenu "le sabre et le goupillon" pour les républicains, francs-maçons en réalité, et qui eux, alors, étaient franchement soutenus par la bourgeoisie financière et industrielle... C'est pour ça que les deux dates, 1801 et 1905 n'ont rien à voir, les enfants.
"Accidentées aussi, la logique et la distinction des concepts chez Soral, lorsqu’il oublie que le contraire de la religion, c’est l’agnosticisme (pas forcément l’athéïsme), et non la laïcité..." L'athéisme peut être considéré comme le contraire de la religion, les enfants (Je crois en Dieu/je nie Dieu); un dogme religieux peut-être considéré comme le contraire d'un autre. Faut pas se fermer comme ça, hein?
Ensuite, ils reprochent à Soral de ne pas détailler l'organisation de la franc-maçonnerie au XIXe siècle, de ne pas donner de noms. Jules Ferry fut initié à la franc-maçonnerie, les enfants, par exemple. Pour Jean-Michel Quillardet, Grand-maître du GO actuel, la loi de 1905 est "une oeuvre franc-maçonne" (l'Express, fév. 08). Ca, ça n'est pas marqué dans les livres d'histoire, c'est vrai mais on n'est pas obligé de rester un "inculte complet" toute sa vie et de réagir à brûle-pourpoint dans un style arrogant parce qu'on est juste un petit con.
..."le catholicisme aurait garanti paix et charité sur le continent européen sur toute la durée du Moyen-Age. Les croisades ? Un moyen de canaliser la violence des européens contre un adversaire extérieur. Les guerres de religion, en France, la dévastation de l’Allemagne par la guerre de Trente Ans, la traite négrière ? Pas dans ce tableau idyllique d’une société où chaque ordre avait sa juste place, le clergé conservant le savoir, la noblesse défendant (en réalité en guidant au combat des masses de paysans le plus souvent) et le peuple travaillant." Problème de lecture et de compréhension, encore une fois: le catholicisme étant l'allié de la royauté pour le pouvoir, il n'a pas "garanti" la paix. Il ne pouvait rien imposer. Il a pu freiner ou détourner les ardeurs guerrières des royaumes, des puissances; c'était ça, son rôle, un rôle civilisateur, en somme (plus près de nous, le rôle modérateur d'un Mauriac quant à l'épuration). Sans doute te crois-tu plus intelligent que tout le monde, Pablo Vera-cruz mais Soral ne méconnaît pas, il me semble, les guerres de religion, la noirceur de l'homme et tout le bastringue. Quand aux paysans enrolés par les seigneurs, je sais pas dans quelle bédé vous avez vu ça, mais faut allez prendre l'air et mieux se renseigner la prochaine fois.
Du coup, tu poses avec raison, la question: "En quoi devons-nous regretter l'influence catholique sur l'éducation?", ce qui montre pour une fois que tu es honnête et que tu n'as pas compris le bouquin. Mon seul conseil: va nager, va t'aérer, trouve une copine au lieu de te branler continuellement et enfin trouve un métier.
Ensuite, il faut payer pour lire la suite! Malins les merdeux...
Le Bonaparte d'Abel Gance.
lundi 13 février 2012
Comprendre l'Empire: réactions insidieuses sur le web (6)
"Pour être plus juste, disons que Soral cite parfois des oeuvres à l'appui de ses dires (l'absence de notes et références a gêné les deux adolescents): mais il s'agit des films de Louis de Funès ou des romans de Bernanos. Des oeuvres de fiction pour appuyer la description de la réalité, peut mieux faire!" Passage important: Pépito et Pablita ne lisent jamais, ça c'est sûr. Ils n'ont donc pas lu le livre d'A. Soral. Et ils ne comprennent même pas ce qu'on peut faire avec un livre ou un film.
Pourquoi continuerais-je? Ca me fait marrer, après tout.
"Pour Soral, le paysan de l'Ancien régime vivait mieux que l'ouvrier du XIXe siècle, et le peuple (...) n'aurait donc rien gagné à la sortie du féodalisme." Soral ne dit pas que le paysan était mieux logé que l'ouvrier mais que l'un et l'autre ont subi le même genre de domination, que leur condition n'a donc jamais changé mais que passé les lumières, on s'attendait à ce que la bourgeoisie, qui se prenait pour le peuple, change un peu les choses, ce qu'elle n'a pas fait (thèse d'ailleurs contestable). Ca va, pas trop compliqué?
"Marx avait au moins vu dans la bourgeoisie une classe révolutionnaire qui avait fait avancer la roue de l'histoire." Genre: j'ai lu Marx! Eh, la roue de l'histoire, c'est un peu crétin comme métaphore, Pablo.
"Seuls les incultes complets pourront supporter sans sourciller d'entendre parler du relatif "confort populaire" sous l'Ancien régime." On a bien deux incultes complets qui écrivent connerie sur connerie sans sourciller, alors pourquoi pas?
..."la bêtise suprême est de ressortir la thèse du "royalisme populaire" qui expliquerait l'insurrection vendéenne (rappelons encore une fois que le livre de Soral est plein de haine)" - "En faisant fi de la situation de crise économique que vivaient les habitants de l'Ouest, et du refus de la conscription, qui expliquent bien mieux le soulèvement des paysans..." L'armée de Vendée s'appelait pourtant "Armée royale et catholique" mais ça, c'est vrai, peut-être que c'était pas écrit dans vos manuels, donc, c'est pas votre faute. On ne peut plus faire confiance aux manuels de nos jours. Malheureusement, vous êtes les crétins décrits par Jean-Paul Brighelli, incapables de comprendre correctement, incapables d'aligner une pensée cohérente ou logique. Idées toutes faîtes (L'Ancien régime= pas beau), manque d'effort, de nuance, de distance critique, confusion du réel et du virtuel (j'ai lu trois phrases de Marx= j'ai lu Marx), violence intérieure désordonnée... tout ça est le résultat de la nouvelle Pédagogie.
A suivre.
samedi 11 février 2012
Comprendre l'Empire: réactions insidieuses sur le web (5)
"L'auteur, Pablito Waal, a considéré qu'il était important de répondre aux "thèses" de ce brûlot afin de combler le peu de réactions négatives... (comme on l'a vu, jusqu'ici)" et nous tenons à te remercier, Pablito car tu es un grand... je sais pas quoi mais franchement, tu ASSURES.
"En lisant le texte, on s'est aperçu qu'outre un nombre difficilement appréciable d'aberrations historiques et économiques, ce livre était un véritable appel à la haine." "En lisant le texte..." tiens, moi j'aurais dit: en lisant le livre. Passe, sois magnanime, Robin.
..."peu d'auteurs disposent, comme Soral, d'une petite escouade (voire d'une petite armée?) de militants publiant ses vidéos, les commentant, les rediffusant, formant un service médiatique remplaçant efficacement celui d'une maison d'édition." Allons bon, "un service médiatique"...? De leur côté, les deux puceaux qui écrivent pour quoi, déjà? sont obligés de se relayer pour les chips et le coca, sans décrocher de l'ordinateur, leur lieu de vie permanent; ça, c'est pas drôle.
"A la limite, l'affaire serait sans intérêt si ledit livre ne servait pas à répandre un petit message insidieux et odieux (rappelons que Soral a écrit un appel à la haine)." Alors, on dit: "si ledit livre ne servait à répandre un petit..." Si, si, la locution si... ne, se passe du "pas". Le sens de votre phrase, les amis, c'est: "le livre ne sert pas à répandre..." Mais, là, fallait suivre à l'école.
Ainsi de suite... on attend la première idée, le premier argument qui ne vient jamais... "Soral est un facho et j'vous dirais pas pourquoi parce que j'aime pas sa gueule", c'est en gros ce qui ressort de tous ces merdeux qui se prennent pour des as de la plume (avec des putains de titres ronflants quand même: Enquêtes et débats, Socialisme et souveraineté!).
Nana mignonne à Wall street... A suivre
jeudi 9 février 2012
Comprendre l'Empire: réactions insidieuses sur le web (4)
Th. Drenau se démarque d'A. Soral: ..."la vision du monde de Soral ne peut que me déplaire; d'autant que son adhésion temporaire au front national, etc" - ..."les attaques portées contre la Banque en tant qu'organisme de domination des populations nationales apparaissent plutôt en phase avec l'actualité, soit la crise économique survenue depuis 2007." N'est-ce pas, cher Thomas? Là-aussi, il y a un gouffre intellectuel entre deux paragraphes. Mais terminons d'abord le premier:
Oui, le fond du problème, Thomas, c'est quand même qu' "il s'agit plutôt d'un véritable conflit des idées". Ca, c'est sûr, c'est béton. Et dans quel sens irions-nous, dîtes-moi? ..."dans le sens qu’aujourd’hui la pensée « néo-libérale » triomphe dans toutes les décisions qui sont prises par les gouvernements et par les organes institutionnels telles que le FMI, l’OMC,… La situation actuelle en France et dans la plupart des pays du monde s’explique par une volonté de déréglementation totale de l’économie et le refus de toute mesure de type étatique qui aurait, pour conséquence, de limiter la liberté individuelle, mais, plus prosaïquement, d’empêcher l’essor de l’égoïsme comme unique logique pour « équilibrer » les prix et le marché. Car, comme l’avait bien vu l’économiste américain John Kenneth Galbraith, une telle idéologie dont la bible pourrait être Capitalisme et liberté (1962) de Milton Friedman, s’appuie essentiellement sur des intérêts qui cherchent a tout prix à se maintenir en place, et même au détriment de l’intérêt général."
C'est vrai que de tels propos se démarquent de manière nette du livre Comprendre l'Empire, qui raconte la même chose, avec cependant plus de profondeur (la banque comme système de pouvoir alliée à une caste), et plus de recul (la crise ne commence pas en 2007). Excuse-moi, Thomas mais vu ce qui arrive, je pense fort là-aussi à un copié-collé.
Après cet effort puissant sans doute aidé par la technologie, Th. Drenau se lance dans une véritable démystification. ..."il se trompe en mettant l'accent sur l'origine juive de ces intellectuels", l'antillais Alain Finkielkraut et le breton Bernard-Henri Lévy, n'ayant que très rarement vanté leurs origines. ..."sans comprendre que le changement de politique internationale a été principalement voulu par N. Sarkozy concernant la question du conflit israélo-palestinien..." Là, je ne le suis même plus, le gamin. Enfin voici le plus beau, LA leçon de Thomas Dreneau: "Le paysage politique -au niveau international comme au niveau national - ne se limite pas, cependant (et comme paraît le croire A. Soral), à une dialectique gauche/droite..." Ca, c'est fort, les filles. Retenez bien surtout les mots: au niveau international comme au niveau national. Je crois que c'est le plus beau.
Il est évident que Thomas Dreneau (âge mental et âge réel dissociés également) n'a pas lu le livre d'A. Soral auquel cas il aurait commencé par apprendre ce que sont la droite et la gauche. A suivre...
mardi 7 février 2012
Comprendre l'Empire: le livre-choc d'Alain Soral (3)
Pour détendre, je relève ce commentaire d'un Holopherne Longpas (bof comme pseudo) qui a écrit ceci, en décembre, cette fois (Site: la Révolution en charentaises, c'est dire...).
"Oui, Alain a tout compris et va nous y aider..." En fait, il comprend tout, le gamin, c'est ça qui est rigolo: ..."l’empire. Une hyper-classe mondialisée où l’on retrouve les Rockfeller, Bernanke, Greenspan, et autres BHL, souvent riches et Juifs, se réunit dans des clubs discrets et secrets comme la Trilatérale, le CFR, le Bilderberg ou les loges maçonniques, et programme la destruction des États-Nations et des cultures enracinées, pour accélérer le libre déplacement, à l’échelle planétaire, des capitaux et des hommes, générateur des plus grands profits possibles." Je soupçonne fortement le copié-collé pour ce paragraphe, vu la faiblesse de la suite.
En effet: "Cette vision conspirationniste", "Alain (...), se la joue David", "on l'apercevait jadis fréquenter ce que la télévision pouvait faire de pire...", "si les faits résistent, c'est que les faits se trompent", "Le détour par le FN, après le PCF, était logique..." Bref, on enlève le sigle FN et il n'y a plus rien. Age mental: entre quatorze et quinze ans. Age réel: dix à douze ans de plus. Bon point: pas de faute (étonnant), compréhension globale bonne (avec un fort soupçon de facticité). Mauvais point: ça ne vaut rien. Note: 0.
Bellérophon monté sur Pégase terrassant la Chimère; mosaïque gallo-romaine, musée d'Autun (Rolin).
dimanche 5 février 2012
Comprendre l'Empire: le livre-choc d'Alain Soral (2)
Christophe Lefebvre, par exemple, sur Agoraxox (mars 2011) ne fait, à proprement parler, pas la critique du livre. Il étaye le propos du livre, il en fait un compte-rendu. C'est bien, mon garçon mais ça, tu le fais à la maison, c'est ce qu'on appelle un brouillon, un pense-bête. Je ne vais pas moi-même vous exposer ce qui est écrit dans le livre.
Ce qui m'a amusé, c'est le paragraphe sur "le judaïsme et le sionisme" où l'on sent que Lefebvre craint justement les foudres du lobby ou "réseau des réseaux" dénoncé pertinnement par Soral, dont Lefebvre relève bien la réalité, lui aussi, l'air de rien mais bon... faisons attention, ces opinions sont "toutes personnelles", "je laisserai au lecteur le soin d'apprécier"... blabla, je voudrais pas avoir des problèmes avec la Licra et compagnie. ..."ce débat faisant l'objet de bien trop de divergences d'opinions et de joutes argumentées engagées..." Quel débat? Où est le débat puisque tout est cadenassé en France (du moins, publiquement) dès que vous prononcez le mot "juif", que vous osez les associer à la finance, aux médias, à la politique? Où sont les "joutes argumentées" quand cette question est tout spécialement évacuée, taxée d'antisémitisme avant même d'être clairement exposée? Même chose pour la maçonnerie, dont je voyais parfois les gros titres sur Le Point ou l'Express mais que je ne prenais pas vraiment au sérieux, jusqu'ici.
Comprendre l'Empire est "un exercice de libération de la parole", écrit Michel Drac sur Scriptoblog, le seul adulte apparemment de la blogosphère (mars 2011). "Le livre est fait pour avancer quelques grandes thèses en leitmotiv, et pour obliger le lecteur non à adhérer à ces thèses mais à s'y confronter." Je peste moi-même contre le manque de rigueur historique de Soral parfois (il ne date même pas l'alliance contre-nature de la banque et de la royauté anglaise, par exemple - XVIIe ou XVIIIe siècle?; il ne date pas non plus l'édit de la Paulette: 1604, Henri IV) quoique sa démonstration ne perde pas sa valeur: c'est juste un manque. De la même manière qu'avec Eric Zemmour, il y a chez les Français l'attente d'une parole vraie, presque évangélique, tant "la domination par le mensonge" est devenue à l'orée des années 2000, un élément palpable et grotesque. Soral surfe sur plus que du vraisemblable; il surfe, sans ennuyer le lecteur de chiffres ou de longs paragraphes, sur un sentiment universel de rejet d'élites devenues illégitimes.
Soral insiste là-dessus: nos élites ne sont pas incompétentes ou aveugles, elles sont totalement illégitimes et irrationnelles. Leur pouvoir de domination ne tient qu'à la médiatisation du mensonge universel, sans cesse répété (lutte contre le chômage par ex.), simple alibi servant à masquer l'égoïsme profond, les méfaits réels et privilèges insupportables de cette élite. Elle vit par le mal mais prêche encore le bien...."l'ordre est-il toujours l'ordre juste, car rien ni personne ne règne jamais au nom du mal..." A suivre...
vendredi 3 février 2012
Comprendre l'Empire: le livre-choc d'Alain Soral (1)
Le livre d'Alain Soral, sorti il y a un an maintenant, et vendu déjà à plus de 30 000 exemplaires (oct. 2011), sans aucune publicité ou critique dans les médias oligarchiques (=Dieudonné, interdit d'entrée partout mais premier artiste français par nombre de spectateurs), à l'exception d'un passage chez Taddéi (F3, janv. 2011), est un livre majeur, qui s'impose aussi radicalement dans un paysage littéraire et intellectuel à la fois complètement nul et complètement censuré (si l'on excepte des ouvrages comme les Intellectuels faussaires ou la Fabrique du crétin).
Le livre est bien entendu un essai, qui ne brille pas par sa qualité littéraire (style bloc-notes) mais qui est de loin le meilleur, à la fois par sa richesse conceptuelle (Soral dit assez lui-même qu'il est "balèze pour le concept", qu'on ne contredit pas) et la compréhension de problèmes à la fois historiques, religieux, philosophiques, sociologiques, économiques et politiques modernes, intuitivement mêlés puis raisonnés par un esprit fort. Le spiritualiste qu'est Soral, utilisant la méthode sociologique (la pensée correspond à un état socio-économique, à l'insu même de l'individualité), mieux qu'un autre, saisit notre époque et la transcende par une pensée vive, profonde et mesurée. D'expressions obscures qui émaillaient encore Vers la féminisation, il n'y en a plus et l'écriture, toute en force, est désormais méthodologiquement contrôlée même si pour ce résultat, Soral fait pire que les journalistes: il multiplie sans cesse, à partir d'un groupe nominal, les propositions indépendantes (au lieu de reconstruire une phrase sujet+verbe), pour rester fidèle à une déduction qui le précède. Le livre est donc appuyé intellectuellement sur des mots-relais qui dominent la phrase et le verbe, le plus souvent au participe présent. Mais comme il l'annonce ("Peu universitaire dans sa forme"), on se doute que les ouvrages universitaires, encore bien écrits, ne sont pas lus justement à cause de leur pauvreté critique, leur étroitesse de vues, leur incapacité à embrasser réellement l'époque actuelle. Cela vient du fait que l'élite ne connaît plus qu'elle-même, et qu'étant censée produire une pensée universelle, elle ne produit plus qu'un mensonge universel, afin de protéger ses privilèges illégitimes. La pensée de Soral, brave et sans fioritures, est logico-déductive parce qu'elle se tend comme le roseau ployant mais résistant à "la domination par le mensonge" qui l'environne.
Livre à la pensée serrée, tendue, précise et visionnaire, son écriture n'est pas sèche ou ennuyante. J'avais du mal à cerner jusque-là si Soral était un athée confirmé ou s'il possédait une sorte de spiritualité. Ce n'est pas une ambiguité finalement: c'est un athée, aux forts accents religieux, qui rêve d'un monde re-spiritualisé. A suivre...
mercredi 1 février 2012
Petite histoire du féminisme (10)
Le féminisme, désormais spectre intellectuel mais mot d'ordre commode ("Osez le féminisme"), participe pleinement à la bonne santé du NOM. La féminisation, phénomène de suivisme et de consommation, est, quant à elle, le fer de lance de la marchandisation du monde: avant d'envahir n'importe quel pays oriental, on y décrie d'abord la condition des femmes. Je remarque que les quelques femmes rapportées dans le livre de Riot-Sarcey, qui ont prôné ouvertement la destruction de la famille comme terme logique au féminisme ont fini folles ou se sont suicidées. La saint-simonienne Cl. Demar, en révolte contre le genre masculin (mais pas contre le "Père" Enfantin) s'est suicidée, avec son amant, rue de la Folie-Méricourt... Mad. Pelletier, morte à l'asile en 1939, première femme médecin diplômée en psychiatrie, n'avait pas été aimée de sa mère. C'est souvent le cas, en fait, des femmes apparemment hostiles à l'ensemble des hommes le sont parce qu'elles reprochent secrètement à leur père de ne pas les avoir protégées d'une mère trop dure.
Il faut rendre hommage, pour terminer, aux quelques féministes et femmes honnêtes, mentionnées dans le livre, qui furent avant tout des humanistes et pour qui la cause des femmes était aussi celle des hommes, c'est à dire qu'en définitive, elle était d'essence économique et sociale, et non sexuelle. Les figures de la Révolution sont en général des femmes qui font prédominer l'intérêt collectif sur celui de leur sexe (Pauline Léon, réclamant logiquement l'intégration des femmes au service militaire, en plus du vote, 1791 - Olympe de Gouges, qui n'oublie pas les hommes dans sa Déclaration des droits de la femme, même date). Pour André Léo (1866, Association pour l'amélioration de l'enseignement des femmes) ou Paule Minck, au XIXe siècle, le sort des femmes est fatalement lié à celui des prolétaires, autrement dit, c'est le sort des femmes pauvres qu'il faut améliorer. Aline Valette, également, "cherche à lier socialisme et féminisme", une fois la république installée, en insistant sur leur degré de parenté (fonction productive). Elisabeth Renaud, déléguée du groupe féministe socialiste, au congrès international ouvrier et socialiste de juin 1900, "s'en prend alors aux féministes bourgeoises, peu enclines à s'intéresser à leur propre domesticité." Louise Simoneau (1875-1950), socialiste, "la plus résistante à l'intégration des idées féministes "bourgeoises" (qualifiée de sectaire par Riot-Sarcey), craint que les femmes du prolétariat "n'aillent se briser contre l'écueil du féminisme bourgeois..." (Le mouvement féministe socialiste, 1903), etc.
Fin (ouf)!... Figure emblématique d'un féminisme truqué et immoral, R. Dati ne doit rien à elle-même: sauvée de ses études ratées (Mba-Hec) par J. Attali (!), qui la prend à la Berd, d'un mariage bidon par Albin Chalandon (95), par Simone Veil qui couvre ses fréquentes sorties parisiennes (03), prises sur son temps de juge au TGI de Péronne, elle est nommée Garde des sceaux en 2007 parce que ses parents furent des immigrés: belle image. Dès sa nomination, on enregistre des défections au ministère (dircab Dobkine). Elle est bien entendu présentée en exemple à la jeunesse par le PR. Elle est encore parachutée à Paris VIIe, arrondissement pas trop difficile à conquérir (08). La Licra lui sauve encore la mise dans ses problèmes judiciaires en faisant reluire son côté victime. En janvier 2009, en donnant naissance à sa fille, elle donne des gages au féminisme le plus borné: le père, ça n'existe pas et le maternage, j'en ai rien à cirer!
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